
Auteur : Pascal DESMICHEL
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Théorie de la dérive
Quand vient l’hiver et que la ville se vide, j’en profite pour rôder dans les quartiers et faubourgs, et mettre en application la « théorie de la dérive ».
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Rêver tout haut
« C’était le début de l’hiver. Souvent, je restais des jours entiers sans adresser la parole à personne. Je n’avais d’ailleurs envie de voir personne. Je me réfugiais dans les rues. J’étais mal équipé et le froid me pénétrait partout. Certains jours je rentrais dans les galeries où je passais les journées à regarder les livres. D’autres jours je marchais, je me sentais bien. Cela me permettrait de réfléchir, de penser à des projets, de rêver tout haut, de faire passer des angoisses. Paris était loin. J’étais oublié de tous. Je n’avais aucun ordre du jour. Je me laissais aller à l’envie du moment »
Raymond Depardon, Errance, Seuil, 2000, p 146
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Silhouettes
Je reconnais leurs silhouettes qui m’appellent dans les prés, et aime à me glisser sous leurs alignements qui m’offrent des séquences cinématographiques. Les arbres sont des êtres vivants comme les autres..
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Mon intime
« Un paysage nous « touche », non pas accidentellement ou anecdotiquement, mais essentiellement parce qu’il fait éprouver, de sa pure extériorité, un plus intérieur de soi (que « soi ») révélant mon intime »
François Jullien, Vivre de paysage ou l’impensé de la raison, Gallimard, 2014, p 92
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Transversale oubliée
Je fréquente depuis 25 ans une transversale oubliée, une France entre parenthèse, entre Limoges et Clermont-Ferrand, un pays de confins où je vis le plus long et passionnant des voyages.
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La surprise s’embusque
« Tout chemin m’est bon dès que la voiture m’a hissé insensiblement – presque toujours, de quelque côté qu’on l’aborde, par de longues rampes douces – sur cette terrasse éventée de la France, où errer à l’aventure a quelque chose de plus grisant qu’ailleurs ; même dans le Limousin, moins accidenté, plus monotone, la surprise s’embusque presque partout »
Julien Gracq, Carnets de grands chemins, José Corti, 1992, p 70
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Les vraies richesses
Cueillir des cèpes, myrtilles et fraises des bois, contempler les jeux de lumière à travers la forêt, lire et boire un café les pieds dans l’eau, me baigner dans un lac à l’abri des regards, écouter le chant d’un ruisseau, traverser le lit d’un torrent… Les vraies richesses sont gratuites.
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Un autre siècle
« La forêt bruissait de mille bruits et j’étais venu chercher le silence ici, près des eaux, qui roulaient lentement entre les rochers aux formes arrondies. Je m’allongeais sur le plus plat d’entre eux et contemplais le ciel qui trouait les feuillages. J’éprouvais le sentiment de vivre dans un autre siècle, loin de mon époque et éloigné des hommes »
Joel Vernet, Au bord du monde, Ed. du Laquet, 2001, p 64
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Un archipel
Je me hisse souvent sur les grands plateaux du Massif central qui constituent des sortes d’îles formant un archipel. Je pars m’étourdir de vent et de solitude, éprouver les vertiges de l’horizontalité.
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Libre comme l’air
« Il existe une expression très juste : « libre comme l’air « . Cela signifie qu’un être libre se trouve à la fois partout et nulle part, qu’il ne se fige ni ne pèse, qu’il passe léger, voire incognito, sur cette terre »
Jacqueline Kelen, Inventaire vagabond du bonheur, Albin Michel 2008, p 94



