
Catégorie : Murmures
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Site de la Vie [Corrèze] -
Anesthésiées
Il reste des murs effondrés et le silence des eaux endormies. De l’Aragon au Limousin, j’explore les vallées et rivières anesthésiées.
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Les tableaux de ruines
« On peut aussi bien lire les tableaux de ruines comme les figures d’un portrait, voire d’un autoportrait » écrit le philosophe Jacques Derrida. A cette génération se répandant aujourd’hui sur les cimaises des lieux artistiques institutionnels répond sourdement l’underground du corps social : les muralistes anonymes et invisibles qui s’approprient par leurs graffitis des zones sinistrées ou écartées, comme les ballasts des chemins de fer, disent leur condition périlleuse et marginale à l’image des territoires conquis »
Michel Makarius, Ruines ; représentations dans l’art de la renaissance à nos jours, Champs arts, Flammarion, 311p, p 274
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Messeix [Puy-de-Dôme] -
Magnétisme
« La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »
Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17