Catégorie : Quatrième temps

  • Messeix [Puy-de-Dôme]

  • Une sortie de route

    Je cherche les zones de confins ; j’ai découvert dans leurs villages et chefs-lieux de cantons un « quatrième temps ». Il s’agit d’une espèce d’espace où le présent (l’ère du temps) n’est pas parvenu jusqu’ici, où le futur semble improbable, où le passé n’est plus mais rôde encore au travers d’une multitude de scènes qu’il suffit de cadrer (du regard, ou photographiquement) pour retourner dans les années 1970. Le quatrième temps est une sortie de route de l’espace géographique, un figement, une bulle spatio-temporelle comme échappée de la surface du réel.

  • Magnétisme

    « La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17