« Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps » – Françoise Sagan
  • Gorges du Chavanon [Puy-de-Dôme]

  • Encore une porte de gare sur laquelle une affiche informe d’une « fermeture provisoire » du trafic ferroviaire. De la vallée d’Aspe aux Combrailles, on attend une « réouverture ». En attendant, la nature fait son œuvre.

  • « Les pauvres choses témoignent d’un monde perdu, leurs traces à peine visibles forment la trame de notre vie »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 16

  • Porthleven [Cornouailles]

  • Je m’assois sur un banc ou à même le sol, et je regarde l’horizon ; l’attente me suffit ; je trouve sur les quais grecs, sur les pontons, embarcadères et jetées de quoi satisfaire mon envie d’évasion. Je me laisse emporter par le bal des ferries et savoure les temps faibles.

  • « Or, loin d’être une prison et de désigner une incomplétude, l’attente telle que je la ressens est un déploiement de tous les sens, un rayonnement d’astres. C’est une façon de déchiffrer les signes du présent et de se tenir au cœur des choses »

    Jacqueline Kelen, Inventaire vagabond du bonheur, Albin Michel, 2008, p 24

  • Pont de Massugeon [Haute-Vienne]

  • Elles n’alimentent pas (encore) les usines et centrales nucléaires, ne figurent pas sur la liste des fleuves qui font le prestige d’un pays. Elles préfèrent disparaître avant d’enrichir le capitalisme. Elles chantent au fond d’une vallée discrète, sont connues de quelques pêcheurs, paysans et gens du village. Elles sont limousines et qui les fréquente ne les oublie jamais.

  • « On accède à l’émerveillement non en raison de la nature merveilleuse du spectacle mais grâce à un état d’être favorable ou, autrement dit, s’émerveiller résulte d’une procédure alchimique dont le principe se trouve dans le regardeur et qui permet de révéler une dimension secrète des choses »

    Belinda Cannone, S’émerveiller, Stock 2017, p 18

  • Mont Tsiknias [Tinos]

  • En hiver, hors-saison, les rivages d’Europe se sont débarrassés des ciels opaques, des chaleurs accablantes et des foules qui entravent le désir d’aimer. Le bleu devient infiniment plus bleu.

  • « Je refuse les dates et les explications des savants. Je préfère inventer ma propre histoire de la Grèce, une histoire qui puisse correspondre aux merveilles incompréhensibles que j’ai vues de mes yeux »

    Henry Miller, Premiers regards sur la Grèce, 1973, Arléa, 2010, p 65

  • La Pousterle [Hautes-Alpes]

  • Je confesse que je ne cherche pas les sommets. Je prends dans mon sac à dos des vêtements chauds, un appareil photo et un carnet pour aller me poser sur les rives d’un lac ou d’un torrent, pour divaguer sur des cimes sans randonneurs et sans alpinistes. Quand le soleil décline, je prends le chemin du retour, le plus tard possible. Je ne conquiers rien, j’accueille la lumière.

  • « Il n’y aurait pas pour moi d’espace si je n’avais pas de corps »

    Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 1945, Gallimard, p 119