« La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »
Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17
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