Catégorie : Derniers voyages
-
Délieux
« Les délieux, les lieux « déshistorisés » sont précisément des espaces sans qualité, sans histoire, sans mémoire, sans temps, qui fonctionnent comme des lieux zombies »
Patrick Prado, Lieux et « délieux », dans Autour du lieu, Communication n°87, 2010, p 123-124
-
Lieux ignorés
« Il s’agit alors de lieux d’intensité sociale déclinante, de lieux ignorés de tous ceux qui ne veulent pas les voir et qui entrent par là même dans le domaine de l’indifférence, qui est celui du non-dit, de l’inutile et de l’invisible «
Philippe Bachimon, Vacance des lieux, Belin, 2013, p25
-
Les friches
Les friches sont désormais moins industrielles que touristiques. De l’Auvergne aux Pyrénées, on compte des stations thermales fantomatiques, des villages de vacances abandonnés, des hôtels sans avenir, des gares et viaducs sans train.
-
Un état de vacance
« Je désirerais que l’on conserve ou que l’on restaure des espaces d’indétermination où les individus auraient la liberté de demeurer dans un état de vacance ou de poursuivre leur marche »
Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur, Payot, 2000, p 158
-
Avaries
« Ses diversions, ses avaries sont le signe que quelque chose peut encore arriver. Face à la désolante présomption de notre époque, existe un autre temps qu’on ne maîtrise pas, qu’on ne dirige pas, qu’on ne contrôle pas, et qui peut offrir de nouvelles perspectives en prenant des chemins de traverse »
Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, pp 65-66
-
Les tableaux de ruines
« On peut aussi bien lire les tableaux de ruines comme les figures d’un portrait, voire d’un autoportrait » écrit le philosophe Jacques Derrida. A cette génération se répandant aujourd’hui sur les cimaises des lieux artistiques institutionnels répond sourdement l’underground du corps social : les muralistes anonymes et invisibles qui s’approprient par leurs graffitis des zones sinistrées ou écartées, comme les ballasts des chemins de fer, disent leur condition périlleuse et marginale à l’image des territoires conquis »
Michel Makarius, Ruines ; représentations dans l’art de la renaissance à nos jours, Champs arts, Flammarion, 311p, p 274
-
Magnétisme
« La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »
Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17
