Je m’assois sur un banc ou à même le sol, et je regarde l’horizon ; l’attente me suffit ; je trouve sur les quais grecs, sur les pontons, embarcadères et jetées de quoi satisfaire mon envie d’évasion. Je me laisse emporter par le bal des ferries et savoure les temps faibles.
« Or, loin d’être une prison et de désigner une incomplétude, l’attente telle que je la ressens est un déploiement de tous les sens, un rayonnement d’astres. C’est une façon de déchiffrer les signes du présent et de se tenir au cœur des choses »
Jacqueline Kelen, Inventaire vagabond du bonheur, Albin Michel, 2008, p 24
« On accède à l’émerveillement non en raison de la nature merveilleuse du spectacle mais grâce à un état d’être favorable ou, autrement dit, s’émerveiller résulte d’une procédure alchimique dont le principe se trouve dans le regardeur et qui permet de révéler une dimension secrète des choses »
En hiver, hors-saison, les rivages d’Europe se sont débarrassés des ciels opaques, des chaleurs accablantes et des foules qui entravent le désir d’aimer. Le bleu devient infiniment plus bleu.
« Je refuse les dates et les explications des savants. Je préfère inventer ma propre histoire de la Grèce, une histoire qui puisse correspondre aux merveilles incompréhensibles que j’ai vues de mes yeux »
Henry Miller, Premiers regards sur la Grèce, 1973, Arléa, 2010, p 65