Catégorie : Nouvelle frontière

  • Fragments

    Je cherche des fragments de temps dans l’espace. Je ne sais pas voir et écrire autrement que par fragments. (Les grands paysages, les grandes histoires avec intrigues, très peu pour moi). Peut-être parce que les espaces que je regarde ne peuvent plus être racontés ; il ne reste que les pièces éparses d’un puzzle impossible à réassembler. Je saisis, en resserrant le cadrage, des morceaux de temps (qui donneraient l’illusion). Je lutte contre la discontinuité des êtres et des lieux, je lutte contre la course du temps.

  • Délieux

    « Les délieux, les lieux « déshistorisés » sont précisément des espaces sans qualité, sans histoire, sans mémoire, sans temps, qui fonctionnent comme des lieux zombies »

    Patrick Prado, Lieux et « délieux », dans Autour du lieu, Communication n°87, 2010, p 123-124

  • Les Forges d’Abel [Pyrénées atlantiques]

  • Ailleurs

    Depuis 1986, des sites de franchissement de la frontière franco-espagnole ont perdu leur raison d’être : des postes et villages douaniers, des gares « internationales » disparaissent des cartes. La frontière ne conduit plus à des ailleurs ; elle est devenue l’ailleurs.

  • Lieux ignorés

    « Il s’agit alors de lieux d’intensité sociale déclinante, de lieux ignorés de tous ceux qui ne veulent pas les voir et qui entrent par là même dans le domaine de l’indifférence, qui est celui du non-dit, de l’inutile et de l’invisible « 

    Philippe Bachimon, Vacance des lieux, Belin, 2013, p25

  • Avaries

    « Ses diversions, ses avaries sont le signe que quelque chose peut encore arriver. Face à la désolante présomption de notre époque, existe un autre temps qu’on ne maîtrise pas, qu’on ne dirige pas, qu’on ne contrôle pas, et qui peut offrir de nouvelles perspectives en prenant des chemins de traverse »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, pp 65-66

  • Magnétisme

    « La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17