Catégorie : Suspension temporaire

  • Eygurande-Merlines [Corrèze]

  • Fragments

    Je cherche des fragments de temps dans l’espace. Je ne sais pas voir et écrire autrement que par fragments. (Les grands paysages, les grandes histoires avec intrigues, très peu pour moi). Peut-être parce que les espaces que je regarde ne peuvent plus être racontés ; il ne reste que les pièces éparses d’un puzzle impossible à réassembler. Je saisis, en resserrant le cadrage, des morceaux de temps (qui donneraient l’illusion). Je lutte contre la discontinuité des êtres et des lieux, je lutte contre la course du temps.

  • Les Forges d’Abel [Pyrénées atlantiques]

  • Gorges du Chavanon [Puy-de-Dôme]

  • Fermeture provisoire

    Encore une porte de gare sur laquelle une affiche informe d’une « fermeture provisoire » du trafic ferroviaire. De la vallée d’Aspe aux Combrailles, on attend une « réouverture ». En attendant, la nature fait son œuvre.

  • La trame de notre vie

    « Les pauvres choses témoignent d’un monde perdu, leurs traces à peine visibles forment la trame de notre vie »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 16

  • Les tableaux de ruines

    « On peut aussi bien lire les tableaux de ruines comme les figures d’un portrait, voire d’un autoportrait » écrit le philosophe Jacques Derrida. A cette génération se répandant aujourd’hui sur les cimaises des lieux artistiques institutionnels répond sourdement l’underground du corps social : les muralistes anonymes et invisibles qui s’approprient par leurs graffitis des zones sinistrées ou écartées, comme les ballasts des chemins de fer, disent leur condition périlleuse et marginale à l’image des territoires conquis »

    Michel Makarius, Ruines ; représentations dans l’art de la renaissance à nos jours, Champs arts, Flammarion, 311p, p 274

  • Magnétisme

    « La façade d’une maison est comme le visage d’une personne. Souriante, sombre, marquée, vieillie. Le temps a déposé à sa surface le poids des années. De la corniche, d’où s’élance le toit, à l’encadrement des fenêtres, l’enduit, tout se consume et se concentre en un instant figé dans le temps. La lumière du matin, rasante, révèle des détails qui, au soir, s’estompent. Un lieu n’est pas immortel, il n’est pas, comme un tableau peut l’être, quelque chose de stable dans le temps. Sa beauté se modifie au cours des saisons, et puissant est le lien avec ce qui l’entoure. Dans notre monde, attentif uniquement à la reconnaissance de ce qui est visible, on pense que, indépendamment de ce qui survient, un lieu reste le même. Mais c’est faux. Ce qui en fait le magnétisme, c’est un ensemble de choses »

    Roberto Peregalli, Les lieux et la poussière, Arléa, 2017, p 17