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Robinson
Lorsque vient l’été et ses menaces caniculaires, j’évite les couloirs saturés et regagne les rivières aux fonds couleur d’or. Je retrouve mon Amazonie. Moulins vacants, biefs oubliés dans les fougères, fermes et prairies délaissées par l’agriculture productiviste, sentiers de pêcheurs perdus dans les herbes, trous d’eau entre deux rochers, passages à gué et sautadous, cabanons et jardins de poètes, caravanes à l’orée d’un chêne, chapelle miraculeusement ouverte. Je viens jouer Robinson, poser mon corps comme dans une baignoire, reposer mon âme à l’abri des regards.
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